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| Michel-Laurent Dioptaz |
(Portrait extrait du site www.sarbacana.com, avec l’aimable autorisation de son auteur).
M.L.Dioptaz est un créateur. Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués , il est d’abord créateur de modèles. A l'âge de 21 ans, il entre dans l'encyclopédie "QUID" comme l'un des pères du style Design. (trente ans plus tard, il entre une deuxième fois dans le "QUID" comme inventeur du Sarbacana)
Il se manifeste comme peintre, sculpteur, illustrateur... En 1975, il obtient son poinçon de Maître Orfèvre, et un grand bijoutier parisien lui ouvre alors une collection à son nom.
A cette époque, de 1973 à 1975, il pratique chaque matin le Zazen au dojo Pernety avec maître Taisen Deshimaru. Dans le même temps il entre dans sa dixième année de pratique de l'Aïkido avec maître Noquet.
C'est lors de la gestation d'un ouvrage qu'il appellera : "Le livre des rencontres" (édition «Artefact» 1974) qu’un tournant fondamental s’opère. Il écrit :
«La manière dont la créativité se manifesta à mon endroit, cassa totalement ma perception du réel tel qu'on me l'avait appris. L'évidence que les Arts étaient l'expression de "quelque chose" de plus important qu'eux devint telle, que cela prit pour moi le pas sur tout le reste. J'en vins à me tourner essentiellement vers ce "quelque chose" plutôt que vers les applications et manifestations de l'Art, qui m'apparurent alors comme de simples effets de surface.»
Ne se reconnaissant plus vraiment dans les motivations des artistes, il part à la rencontre de ce qu'il pense être ses semblables : les Chamans. Cela le mène aux Philippines, en Indonésie, en Amazonie.
Depuis lors, il se consacre à l'exploration des espaces de conscience et d'humanité qu'ouvre la pratique des Arts. En 1978, il invente le "TRANS-ART" dans l'esprit duquel il anime depuis régulièrement des stages : (…) «Tout à la fois réceptif et créatif ; formes, sons, danses, couleurs, images... entrent en résonance et se confondent en une seule et même pratique, une seule et même méditation.»
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| le Sarbacana |
1990. Toujours dans le même esprit, il crée des groupes pour l'apprentissage et la compréhension du Yi-king à travers le vécu de la danse, des sons et l'expression plastique (le "Yi-King-Vivant").
1991 : création du SARBACANA.
En 1993, il réalise des animations Trans-Art au Centre Pénitentiaire pour Femmes, de Rennes.
La Voie du SARBACANA est née et participe de toutes ces recherches. (et aussi de bien d'autres, bien sûr.)
Le "Ki – Chi", par M.L. Dioptaz
« La Voie du Sarbacana est une discipline de maîtrise de la projection de l'énergie du souffle (le "ki" ou "Chi") en soi et hors de soi.
Comme tous les idéogrammes chinois anciens, celui qui représente le "Chi" est riche de sens. Il peut aussi bien signifier : la respiration, le souffle, le vent, l'énergie vitale qui circule dans le corps, l'énergie universelle et fondamentale qui emplit l'univers... l'esprit originel. Nous baignons dans le "Chi" comme des poissons dans l'eau, alors même que le "Chi" baigne en nous.
Comme il n'y a pas vraiment d'équivalent en Occident à cette notion de souffle vital, alors qu'elle est par ailleurs idéalement appropriée à la pratique de Sarbacana, nous avons conservé les termes "Chi" chinois et "Ki" japonais .
Cependant nous utilisons plus souvent le son "Chi" chinois, pour la résonance du phonème, et la dynamique du souffle qu'il induit, le "cheee" de "Chi" étant plus proche du souffle que nous produisons dans nos sarbacanes.
AT...Chiii ! comme le son produit par un éternuement, l'éternuement étant l'instant où le souffle sort le plus rapidement du corps, à la vitesse d'un jet de sarbacane.
(…)
La vie manifestant en nous une myriade d’énergies dualistes exactement au même instant, ceci implique que l'énergie du "Chi" n'est pas seulement : immobile puis en mouvement... fermée puis ouverte... tournant dans un sens puis dans l'autre... Non ! A chaque instant, cette énergie tourne dans les deux sens en même temps, elle est fermée et ouverte, en mouvement et immobile tout à la fois, tout cela absolument au même instant.
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| le jet de souffle |
Et lorsque nous percevons le "Chi" sous un seul aspect : comme ceci ou bien comme cela, c'est en fait la forme de notre attention qui nous est montrée, pas la forme du "Chi". (…)
Bien sûr, les désirs du mental utilisent et s'approprient, eux aussi, cette énergie pour arriver à leurs fins. Par exemple, quels peuvent être les rêves d'un guerrier ? Avoir la peau dure comme une armure, des membres percutants et pénétrants comme des lames d'acier. Et c'est bien sûr afin d'obtenir cela qu'il va domestiquer le "Chi". Oh, le "Chi" se prête aussi à ça! Il est énergie vitale et, en tant que telle, peut prendre toutes les formes de la vie, toutes les formes de l'esprit.
Mais n'est-il pas dommage de domestiquer le "Chi", à seule fin de le mettre au service des seuls rêves de puissance du mental ? N'est-il pas dommage de toujours vouloir contraindre ce qui est l'essence même de notre liberté ?
Oui, bien sûr, avec le "Chi" l'on peut casser des planches ! Mais n'oublions pas que ce même "Chi" a fait pousser l'arbre qui offre cette planche que brise le guerrier pour sa démonstration.
Pour projeter du concentré d'énergie hors de son corps, un jet de colère, un jet d'agressivité donnent un "Chi" immédiatement puissant. L'efficacité est si rapide qu'il peut être difficile lorsqu'on a obtenu des résultats gratifiants par ce chemin, de l'abandonner pour prendre le chemin de la vacuité et de la conscience, car la réalisation d’un "Chi" non dynamisé par l’agressivité peut demander, lui, beaucoup, beaucoup plus longtemps à mûrir.
Comme dans l'Aïkido, le "Chi" que nous activons et chevauchons dans la pratique des jets de souffle Sarbacana naît d'une profonde quiétude intérieure, d'un souffle qui prend appui sur un sol de tranquillité.
Corps et esprit détendus rassemblés sur la respiration. C'est du coeur de cette relaxation que naît l'instantanéité et le tranchant de notre jet de souffle. »
M-L Dioptaz
En savoir plus :
www.sarbacana.com
Nous remercions M-L Dioptaz pour sa mise à disposition des photos présentées ici.
Retrouver le livre de M-L Dioptaz dans notre rubrique Les livres du Ki .