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Laurence Oriou, 1ere kyôshi occidentale

Laurence Oriou photo D. Guillermain

Née à Orange en 1965, Laurence Oriou découvre le kyudo à 24 ans lors d'un stage dirigé par Sato Sensei, Kyushi 6e dan. Elle rencontre alors Marie-Thérèse Kolmer et Charles-Louis Oriou qui deviendront ses professeurs car, Laurence l'a compris : là est sa voie. Depuis, elle participe à tous les stages régionaux, nationaux et internationaux et entame un parcours unique. Déjà en 2001, elle est la première française à obtenir le titre de Renshi et en 2003, la première occidentale à décrocher le 6e dan.

En lui décernant le titre de kyôshi, les maîtres japonais ont jugé, outre les qualités techniques et esthétiques de son tir, que Laurence possède toutes les qualités humaines requises pour être propulsée au plus haut niveau de la hierarchie française. Parallèlement à cette progression, Laurence poursuit une carrière de manager. Elle apprend le japonais et s'implique de plus en plus dans les activités de la FFKT (Fédération de kyudo traditionnel) au sein de laquelle elle enseigne bénévolement le kyudo, comme il se doit. Entre deux tirs de flèches, elle a répondu à nos questions.

GTao : Pourquoi avez-vous choisi de pratiquer le kyudo?
L. Oriou
: Ce qui distingue le kyudo du tir à l'arc sportif, ce sont les principes de noblesse, de vertu universelle et d'esthétique qui s'ajoutent aux dimensions de la technique et de l'habileté. S'entrainer pour améliorer seulement la technique n'a pas de sens. La pratique du kyudo peut nous aider à progresser dans notre vie de tous les jours, à raffiner notre personnalité et à former notre caractère moral.

GTao : Qu'est-ce qu'un kyôshi?
L. Oriou
: C'est un professeur qui enseigne le kyudo, bénévolement et en dehors de ses activités professionnelles, comme l'exige l'éthique de la discipline. La meilleure définition se trouve dans le manuel de kyudo : "Il est essentiel de posséder de la volonté, une grande compétence technique et un bon jugement, d'avoir de l'instruction et une bonne culture générale, conditions nécessaires pour enseigner le kyudo. De plus, le candidat doit prouver par ses mérites qu'il est eligible à ce titre. L'examen consiste en un tir de deux flèches en groupe. Puis, si les examinateurs en conviennent, le candidat est appelé pour deux épreuves destinées à déterminer sa valeur : un examen oral portant sur une question de pédagogie du kyudo, et un autre tir de cérémonie d'un extrême raffinement exprimant l'harmonie entre les trois archers qui l'exécutent. Si la prestation est satisfaisante, le candidat doit enfin rédiger un mémoire sur une question liée davantage à l'esprit du kyudo."

GTao : Vos impressions après cette réussite?

L. Oriou : Le kyudo est un exercice de courage devant la difficulté où il faut donner le meilleur de soi même. L'échec aux examens est chose fréquente. De la même manière, il faut aussi avoir le courage de se remettre en question lorsqu'il semble que l'on a réussi. La réussite est une illusion si on refuse de prendre des risques avec son égo. Il faut avoir le courage de montrer son tir devant les autres, et prendre le risque de montrer ses efforts constant de progression, même si le résultat est aléatoire. En réalité, ce parcours vers la perfection en tant qu'être humain a pour but de se comporter dignement pendant tout le déroulement de sa vie, mais aussi à l'approche de la mort.

Nous remercions la rédaction de Génération Tao pour son aimable autorisation de reproduire cet article. Texte de Marie-Pierre Jouan, photos de Dominique Guillermain.


Découvrir le site du magazine Génération Tao:
www.generation-tao.com

Découvrir la fédération française de kyudo :
http://www.ffkyudo.com/sommaire.php


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